Souffler la vie dans les mots, jouer à être dieu. C’est un peu ça écrire, mes mots ne sont pas mou, jamais, ils bougent, ils sont vivant et hypnotisent le lecteur. Ce que je veux c’est te charmer, t’amener au plus près de mon être pour te montrer que le monde est beau, que ça vaut peut-être le coup de lui donner sa chance. Je veux que tu saches ce que tu représentes pour moi, toi lecteur anonyme, tu es ma source de dévotion, tu es celui pour qui je me broies les synapses, celui que je veux faire sourire, même rire en racontant une blague à la con. Lecteur je te chéris, jour et nuit. Pour moi tu es un, tu n’as pas de visage, mais pour toi je construis des ballet de verbe et de sujet qui finissent souvent en valse, quand ce n’est pas du tango. Parfois aussi, je solliciterai quelque larmes de ta part, là la musique changera, elle sera plus douce, moins frappé. Mais ça sera pour mieux repartir après, tu sais cher lecteur ce que j’aime le plus c’est de ne pas d’avoir d’idée fixe, d’être fluctuant, d’être en permanence en mouvement. Je danse, rien ne m’arrête tu sais, je pars un peu partout, un baluchon sur l’épaule le pouce en l’air, les poches vident, mes souliers sont de vent et me transporte plus loin que l’horizon. Je te suis fidèle cher lecteur, jamais je ne te trahirai, même si ce que j’écris n’est que fiction, j’espère que tu saura voir au travers de mes vers ou de mes lignes ce que je tente de dire. Ce que je veux murmurer à ton oreille, ce que je souhaite que tu comprenne de moi et du monde tel que je le conçois.
C’est comme aux premiers jour. Ce qui change c’est les arbres ici, leurs couleurs évoluent, ils se parent, et allongés dans l’herbe, nous discutions sous le double cosmos de la nature.
Le parc était notre aire de vie, même si parfois, nous nous replions vers le foyer, à cause d’un assaut surprise de quelques gouttes de pluie.
La nuit nous aimions nous perdre dans la ville, toujours hébétés dans ce monde qui ne nous a jamais compris. Les sens en alerte, et l’alcool qui fait rire, nous foncions tel de braves guerriers vers le bord de mer pour rejoindre la cohorte de la jeunesse riant aux éclats pour nous diluer dedans.
Nous étions nombreux, nous ne venions pas des mêmes endroits, n’avions pas les mêmes coutumes, et pourtant nous étions liés. Plus que ça même, nous étions fondamentalement tous égaux, nous nous comprenions à la perfection au delà du sens humain du terme.
Nos liens venaient pour la plupart de nos esprit légers et volages, notre amour pour la liberté absolue et le bien être. Nous étions tous esthète de la vie et avions la même vision du chef d’œuvre que l’on pouvait en faire.
Nous n’avions pas vraiment de but, nous nous étions retrouvés tous mêlés les uns aux autres par le plus grands des hasards, et nous avions tacitement décidé de se payer des bonnes tranches de bon temps. Nous savions que ça ne durerai pas, qu’un jour où les autres les choses s’arrêteraient, mais nous avions tout de même décider de foncer bille en tête pour montrer au monde que nous étions des artistes de la vie accomplie. C’est ainsi que j’ai passer la meilleur année de ma vie, et aujourd’hui debout sous les Ginko du parc Valrose, comme je l’avais jadis compris la majeur parti de ce rêve à disparu. Bien sur il en reste des vestiges, comme l’odeur du printemps ou encore le bâtiment inoccupé du foyer.
Ou encore l’image de nous tous attablés sous la tonnelle pendant les chauds après-midi de mai, riant et devisant sur la vie autour d’une partie de Belote et de quelque verres, en somme il me reste l’image de la définition du mot microcosme.
Baladant leurs espoirs vespéraux, ils marchent le long du grand boulevard tapis de belle dalle bleue, venus errer en cet endroit sans nom depuis les quatre coins de la planète. La cohorte mêlant riches notables et congés modestement payés se meut lentement en une étrange procession. La symphonie de leurs sandales claquant sur les pavés s’accordent avec les quelques notes échappées d’un vieux transistor qu’un homme étendu sur une couverture élimée écoute en marquant les temps d’un claquement de doigts. Il est là, tout le monde sait qui il est d’ailleurs, il est aussi inoffensif qu’un enfant, aussi innocent et naïf, si il est là c’est par le plus grand des hasards, peu de gens connaissent son histoire, c’est d’ailleurs la seul chose qu’il lui reste. On lui donne volontiers quelques pièces, pour soulager sa faim sa soif, on le laisse dormir sous les porches des maisons, c’est un homme bon au sourire immuable, il a dans les yeux d’un bleu marin toute la bonté et la sincérité du monde. C’est un homme fondamentalement doux, jamais il ne se plaint de sa condition et s’en accommode même du mieux du monde. Parfois par les beaux jours d’été on peut l’entendre entonner de sa voix grave les vers d’anciens poète, il en apprend même aux enfants qui passent par là, en leur disant que c’est un de ses trésors les plus précieux, que grâce à ça, il est plus fortuné encore que Crésus, il peut donner ses vers, les faire vivre éternellement, et il n’est pas rare d’entendre des enfants réciter le bateau ivre de Rimbaud à tue-tête. Jamais son apparence n’est déplaisante, il lave ses frusques au milieu des femmes au lavoir sans jamais porter sur elles un regard concupiscent et toujours avec son sourire ingénu gravé sur ses lèvres. Personne ne sait son âge, de l’avis général il fait partie de la ville comme un monument historique devant lequel on s’arrête le regard grave et émerveillé, en le respectant d’avoir traversé tant de siècles sans jamais choir. Il donne aux gens des bénédictions et de l’amour sans rien attendre en retour, il aime son prochain comme un frère et la ville entière serait en peine si il venait à quitter ce monde.
Entraînant ma complice par la main, je gravis les volées de marches menant au toit. Pas un toit à proprement parler, plutôt un grand espace terrassé qui sert de couvre-chef à la mansarde familiale, sur la périphérie de Meknès. La vieille bâtisse est là, fière et massive, pendant que tant de mes ancêtres sont prisonniers de leurs rêves à quelques minutes de là en petit taxi. Elle, sera éternelle et m’accueillera avec toute la chaleur possible, jusqu’au jour où je laisserai ce loisir à ma propre descendance. Ici la nuit est réellement opposée au jour, surtout en plein milieu de l’été. Alors que le soleil fixé dans l’azur, inquisiteur, écrase quiconque ose défier son reigne en pointant un orteil dehors, ses consœurs dans la fraîcheur de l’obscurité offrent la plus hérétique et désordonnée des sensations. Nous jetons pêle-mêle nos matelas de mousse et nos couvertures, en nous appuyants sur le rebord de cette entre-ciel, nous distinguons dans la ville les minarets pointant vers l’infini. Ils sont tout parés d’éclats de jade, ils brillent. Meknès mérite son surnom de “Ville aux cents minarets”.
-Dernier arrêt avant le paradis, fis-je.
-Seulement s’il est possible que ce soit mieux qu’ici, me répond-elle.
Je ris. Elle me dévisage, nous sommes amis depuis si longtemps qu’elle semble être la seule à comprendre la signification des phrases que j’énonce sans y avoir pensé, ou parfois pire, sans même avoir réalisé que je parlais.
Voilà des années que nous dansons à la surface de cette planète, elle emboîte mes pas, les prédit. Et moi maladroit, je tombe, trébuche. Mon final est invariablement le même, la tête enfouie dans ses bras je pleure.
Depuis quelques semaines, le duo incongru que nous formons s’amourache de la culture Marocaine, de l’artisanat de Fés, aux plages sans défauts d’Agadir. Nous avons parcouru le pays les mirettes écarquillées, pour ne pas en perdre une miette.
La situation est d’ailleurs assez amusante, depuis notre adolescence, nous nous répétons sans cesse qu’il serait vraiment amusant de passer quelques semaines dans la contrée qui a vu naître ma mère. Il ne reste que quelques jours avant notre départ, j’ai jugé opportun de lui proposer une nuit à la belle étoile. Elle accepta sans hésitation. Nos lits d’adolescents maintenant parés, nous nous glissons sous les épaisseurs de tissus.
Alors d’un commun accord, nous donnons le feu vert à la nuit pour exister. Blottie dans mes bras, nous bavardons tranquillement des mille idées brillants derrière son regard. Finalement, elle est comparable à la voûte céleste, elle supporte sans courber des milliards de pensées plus brillantes les unes que les autres.
Nos débats sans ébats durent toute la nuit. Nous maudissons nos amants, pleurons nos amours et ricanons bassement de nos excursions nocturnes, où elle et moi, victime au bras, le regard complice et triomphant, cheminions jusqu’au bout de la nuit.
Les étoiles filent nos mots aussi, ils vont aux quatre vents se répondants dans un écho muet. Seules nos âmes tâtonnantes dans les ténèbres, les perçoivent de façon lointaine. Ce soir, une fois de plus, nous partageons tout, nos pensées sombres et démentes, nos expérience les plus farfelues et les plus vaines.
Ca grelotte tout contre moi, j’ouvre un oeil. Les anges ont colorié le ciel de leurs fusains, le voici orangé, annonçant en coeur avec les Muezzins, la venue de notre roi éternel.
Je desserre lentement mon étreinte, puis me dirige hagard vers la cuisine pour y préparer du thé. Alors que l’eau émet ses premières objections face aux flammes qui lèchent le récipient en inox, elle apparaît à son tour face à l’antique gazinière. Un baiser sur ma joue ainsi qu’un vague bonjour accompagnent son pas traînant vers la salle d’eau.
Autour du petit déjeuner - thé vert à la menthe agrémenté de miel, et des beignets arrivés là par la grâce d’un marchand ambulant - elle me propose de renouveler la nuit en altitude. J’accepte.
Après une journée partagée entre les musées sur d’artisanat, un déjeuner près du bassin de l’Aguedal et un retour dans le centre en calèche, nous dînons à la maison, une sobre miche de pain, avec quelques charcuteries locales et une bouteille de vin que j’ai miraculeusement pu dégoter en ville. Ivres de joie et légèrement d’éthanol - merci aux vignes de la région- nous remettons en place nos couches, 3 étages au-dessus du monde des hommes.
Elle m’entraîne à la rembarre et pointe du doigt, l’air interrogateur la colline d’en face. Je lui explique qu’il s’agit de Moulay Idriss, une petite ville perchée sur la montagne. Elle trouve qu’on dirait un joyaux ornant une couronne, elle n’a qu’à moitié tort, je lui confie que là-haut repose le fondateur du royaume du Maroc.
Elle rit, moi aussi. ” Tu devrais aller dormir là-bas, après tout c’est grâce à toi que je suis là. Pour moi tu as en quelque sorte créé le Maroc.”
Là je la fixe et lui souris. Elle sait ce que je vais dire, alors je me tais. La conversation reprend son cours, ce soir nous nous moquons de BHL, émettons quelque réserve face à certaines prise de position de Houellebecq. La nuit est encore jeune.
“Attends moi j’ai une surprise.”
Je redescends les marches quatre à quatre, et remonte en quelque aller-retour, le tourne-disque du salon ainsi qu’un vinyl de Sarah Vaughan. Je lui tends la main et nous dansons lentement sous le firmament. “Lullaby of Birdland” fini son office et il ne reste plus rien dans l’air que notre bonheur d’être ensemble.
“Je ne savais pas que tu savais danser, fit elle amusée.
-A vrai dire moi non plus.”
Alors le chant de nos rire s’approprie encore une fois l’espace quelques secondes. Nous nous recouchons, comme hier, sa tête sur ma poitrine et mon bras sous sa nuque.
Nous flottons dans la nuit mature d’un mois d’août, isolés du monde, perdus dans l’histoire. Nous restons muets, la nuit entame son concerto, un chœur de grillons accompagné d’un soliste, une mobilette qui pétarade. A cet instant les paroles sont inutiles, le mutisme péremptoire.
Nous pensons à la même chose, je sais qu’elle m’aime profondément et elle sait que c’est réciproque.
Alors au lieu de tout gâcher par quelques gesticulations frénétiques de nos deux corps, nous posons la tête sur les étoiles en souriant comme des enfants, avant de nous faire rattraper par nos rêves qui chantent en duo les vertus d’une humanité emphatique, et d’une joie souveraine sur chaque être.
Renvois moi à mes première heures,
Avant que ne se finisse la torpeur
Quand mes idées étaient le bruit des vagues
Mes rêves, une grève de sable blanc, ou un terrain vague
Transporte moi vite vers qui j’étais, incarnation du désir
Quand mes soupirs n’étaient que ceux du au plaisir
Mon nouveau moi se contente de sombrer
Dans un amas foireux de mauvaises idées
Dessine sur mon visage un nouveau sourire
Aide moi à être celui que je suis, le redevenir
Dessine moi ou écris moi, conjugue nous ensemble
Dessine nous, au moment où nos lèvres, si proches tremblent.
Et quand tu n’es pas la, je m’en vais aussi, non pas pour te rejoindre, c’est impossible.
Je tisse un monde hors de celui où nous vivons. Je t’imagine la-bas dans les rares et improbables reliefs de mon univers onirique. Tu te baignes dans un lac au soleil, le visage levé vers le ciel d’un bleu azuréen à peine égratigné de 2 petits nuages blancs. Je te vois de dos, je vois ta nuque barrée d’un léger pli semblant y tracer quelque bénédiction s’enroulant en arabesque orientale.
Ton visage est composé comme la plus belle des toiles. Il offre un sourire plus radieux encore qu’une pleine lune par un soir d’été.
Il n’y a que toi au milieu de ce monde que j’ai créé pour nous, tu dois penser que je suis bien prétentieux, seul les divinités ont le pouvoir d’insuffler la vie. Tu as raison et ça me fait sourire, ce monde rien de divin ne l’a créé c’est quelque chose de plus fort, plus tangible, une certitude universelle, la seule religion qui permet de donner la vie, et à aucun moment de ne la reprendre volontairement.
Oui une émotion forte qui prend aux tripes comme le poivre prend au nez. Sentiments incontrôlables, indomptables qui mènent à la sérénité. Je ne le nomme pas, et c’est volontaire. Ce genre de choses n’a pas besoin de nom. Nomme-t-on la sensation comme celle qui nous envahi quand une bise venue des golfes clairs ramène sur nos être suffoquant sous l’aridité du soleil la fraicheur et la caresse des embruns que l’on sait blancs immaculés ?
J’écris des morceaux de toi, je t’écris toi sans t’inventer, du mieux que je peux. Tu cours le long des mots et des belles lettres. Je te vois faire la roue, à travers un Ô majuscule. Ô pourquoi es-tu si loin ? Hurle le loup à la lune sous mon arbre vêtu d’ocre et d’ambre, ses feuilles se dispersent aux quatre vents pour tenter en vain de t’atteindre, l’automne souffle sur mon cœur.
Je t’écris avec passion au bord de la frénésie, j’aligne les mots en tremblant, tel un adolescent candide. Je suis affolé comme à la vue d’un mollet blanc dénudé par le vent. Je suis empli de fièvre et de désirs, tout ça, rien que pour toi.
Mes mots se veulent beaux, ils parlent de toi. Baiser par milliers en mille lieux de ton corps.
Salut à tous ceux qui prennent le temps de passer par ici et de me lire !
J’ai entamé une nouvelle série de poèmes qui s’appelle donc (vous l’aurez compris) les amants modernes. Ce que je veux mettre en avant au travers de ces quelques vers c’est le côtés frivole exacerbé des jeunes de 25 à 30 ans.
J’aimerais vous faire partager ma vision du plaisir, surtout de la volupté en réalité. Je le fais pour la génération dénigrée, maltraitée et souvent insultée, qu’est la notre. Je le fais pour moi pour vous.
Sachez que l’on peut encore être un jouisseur, même en 2012, que l’on peut encore être amoureux le temps d’une chanson comme le disait ce grand sage qu’était Gainsbard.
Je voudrais juste que les gens se rendent compte de notre situation amoureuse pitoyable et burlesque, entouré par les divorces et les tromperies qui sont exacerbés par l’univers télévisuel toujours plus malsain.
Pour reprendre les mots de Chuck Palahniuk.
Il me faut dire aussi pourquoi j’ai choisi la “poésie”. Je mets des guillemets car je me suis volontairement affranchi des structures classique pour me laisser plus de libertés.
J’aime beaucoup les textes rythmés, qui sont comme des mesures de Jazz, comme des chansons douces à lire ou à entendre.
J’espère que vous prendrez du plaisir à lire mes textes, et que vous retrouverez un peu de vous même dans mes mots.